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Sans-doute
avez-vous tous vu le long de la Route du Sel ces nombreux panneaux signalétiques
rappelant que vous vous trouvez sur un site dont la richesse écologique
est exceptionnelle. On vous apprend également que ce site est très
fragile et que sa pérennité ne dépend que de votre
comportement sur les lieux. En un mot, on essaie de vous avertir sur les
problèmes que rencontre cet espace et les manières d'y remédier.
Sachez que derrière toute cette campagne de sensibilisation se
cache un établissement public dont la renommée ne fait que
croître avec les années et qui pourtant reste trop méconnu
du grand public: le Conservatoire du Littoral et des Rivages Lacustres,
acteur incontournable sur la scène qui nous intéresse tous,
la Presqu'île de Giens.
En
1973 le rapport Piquart, établi à la demande du Gouvernement,
avait préconisé la création d'un organisme national
spécialisé à gestion décentralisée,
inspiré du National Trust Britannique, mais doté d'un statut
de droit public, destiné à mener une politique d'acquisition
des sites et espaces naturels littoraux significatifs ou menacés.
Les effets des développements industriels et urbains de 1945 aux
années 70 sur le littoral, les extensions portuaires, la vogue
accrue des activités touristiques liées aux rivages de la
mer et des grands lacs conduisaient en effet à l'altération
généralisée des paysages et à l'occupation
et la disparition progressive et irréversible de la quasi-totalité
des espaces naturels. L'intervention du Conservatoire s'inscrit donc dans une politique générale d'aménagement du territoire et de protection de la nature définie par des textes, dont nous avons déjà maintenant quelques notions grâce aux différents articles parus dans les précédents bulletins de l'A.P.G. :
Un établissement public de l'Etat à caractère administratif, tel que le Conservatoire, a pour mission de mener, après avis des conseils municipaux intéressés, une politique foncière de sauvegarde de l'espace littoral, de respect des sites naturels et de l'équilibre écologique :
Ainsi
le Conservatoire présente aux collectivités publiques
toutes les suggestions en rapport avec sa mission. Il peut notamment
proposer les mesures propres à éviter toute construction
des terrains contigus au domaine public maritime. Il concourt également
à l'ouverture du littoral au public, selon des modalités
et dans des limites compatibles avec le maintien de la qualité
et de la diversité des milieux naturels en place.
La loi confère de nombreux
pouvoirs au Conservatoire. Celui-ci peut procéder aux acquisitions
nécessaires de terrains ou de droits immobiliers, soit par entente
amiable, soit par voie d'expropriation. La pratique montre à
ce sujet que, dans pratiquement neuf cas sur dix, le Conservatoire recourt
à l'achat amiable; très rares sont les cas d'expropriation.
Pour
la gestion, l'article L.243-9 stipule que la gestion des immeubles dont
l'établissement public est propriétaire ou affectataire
est réalisée par voie de conventions avec les collectivités
locales ou leurs groupements, les établissements publics ou les
fondations et associations spécialisées agréées
à cet effet ou les exploitants agricoles. Ces conventions prévoient
expressément l'usage à donner aux terrains, cet usage
devant obligatoirement contribuer à la réalisation des
objectifs définis à l'article L.243-1. Cependant
il procède à leur mise en état: accès, arrêt
des véhicules, sentiers et parfois réhabilitation des
lieux (travaux hydrauliques et forestiers, nettoiement, restauration
de massifs dunaires dégradés...). Le Conservatoire, établissement public de l'Etat à caractère administratif, sous tutelle du Ministère de l'Environnement, comporte :
Les
conseils de rivage se réunissent au moins une fois par an: ils
sont convoqués soit par leur président, soit par le président
du conseil d'administration. Les préfets des régions et
des départements intéressés, accompagnés
des fonctionnaires qu'ils désignent, peuvent assister aux réunions.
Les conseils peuvent entendre toute personne dont ils estiment l'audition
utile à leur information. Ils donnent leur avis sur les orientations
de la politique de l'établissement public et font toute suggestion
à cet égard, proposent un programme d'acquisitions relatif
au littoral de leur compétence, tout en donnant leur avis sur
des opérations particulières d'acquisition. Tous ces avis
sont recueillis avant toute décision du Conseil d'Administration.
Notons que les maires des communes sur le territoire
desquelles des opérations sont proposées ou envisagées
doivent être entendus s'ils en font la demande. La composition,
le fonctionnement et les limites territoriales de ces conseils sont
fixés par décret en Conseil d'Etat.
En ce qui concerne les dispositions financières, l'article L.243-14 du Code Rural précise que pour l'accomplissement de sa mission, l'établissement public dispose de ressources définies par un décret en Conseil d'Etat. Pour l'essentiel, les ressources du Conservatoire proviennent du budget de l'Etat, mais également des revenus de ses propriétés, des fonds de concours des régions et des départements et... de la générosité des particuliers (dons, legs). Ce
budget est consacré en très grande partie aux acquisitions
de terrains; le reste est destiné à leur restauration
et aménagement avant remise à la gestion des collectivités.
Rappelons que ces dernières participent
fréquemment aux acquisitions, soit pour leur propre compte dans
le cadre de programmes coordonnés, soit en accordant un fonds
de concours au Conservatoire, notamment en milieu péri-urbain
où le coût des acquisitions est relativement élevé.
Lorsque leurs ressources le leur permettent, elles apportent également
leur concours à la réalisation des travaux de mise en
état de gestion menés par le Conservatoire. |