EDITORIAL SOS…SOS


" C'est bien ce que vous faites ", voilà une phrase que j'entends régulièrement, un message que je lis assez souvent. Or votre président a pourtant souvent l'impression de ne pas faire grand chose, tout en étant occupé à plein temps. Seuls des résultats concrets semblent rassurer : maquettes (celle de TPM vient d'être achevée); livrets (celui sur le sentier littoral de la Presqu'île vient de sortir après six mois d'efforts) ; excursions, conférences, enseignements complémentaires dans les écoles, sur l'environnement. Le mot " vous " doit bien sûr être compris dans le sens de " vous autres ".

A côté de cela, que de réunions peu productives où les associations sont invitées comme alibi, mais il faut y être présent au cas où. Très généralement les collaborations proposées restent des bonnes intentions sans effet jusqu'à la prochaine réunion.
Notre silence trop long depuis le précédent bulletin s'explique par une année très difficile, traumatisante parfois, qui a mobilisé toute notre énergie.
La notion principale qui se dégage de notre découverte puis de notre expérience de " l'association " est le mot FRAGILITE.

En effet, le domaine associatif côtoie:

- les politiques (les décideurs) : leur avenir est assuré pour environ 5 ans renouvelables; ils gèrent à différents niveaux, de la commune à la Communauté européenne, des budgets qui en postes comme en crédits sont assurés d'être reconduits pour au moins 95% d'une année sur l'autre.

- les fonctionnaires (théoriquement les exécutants), dont jusqu'ici le statut assure une stabilité jusqu'à la retraite, ce qui d'ailleurs semble plus ou moins menacé à terme.

- les entreprises dont la vocation est de créer des richesses, produits et services, tout en engendrant emplois et argent. Elles peuvent être solides ou fragiles, selon la conjoncture et la qualité de leurs dirigeants. Les promoteurs immobiliers en font partie mais leur mobile n'est pas forcément compatible avec la défense de l'environnement que maintenant beaucoup d'entreprises affirment prendre en charge et même certaines rendre bénéficiaire.

Mais l'association dépend de tout ce monde aux intérêts divers, voire divergents. Elle peut renoncer à toute subvention pour être plus libre, mais sans moyens autres que la bonne volonté de ses bénévoles et de modestes cotisations, ses actions sont assez limitées. Si elle table sur des subventions, alors apparaît sa GRANDE FRAGILITE car la subvention est généralement demandée en fin d'année et, si elle est obtenue, ce n'est que vers la fin de l'année suivante, au moment où elle doit être rapidement dépensée et justifiée. Et tout ceci demande beaucoup de temps, d'énergie, d'ordinateur et de papier, car les dossiers sont lourds pour un faible rendement.

Quant aux postes de personnel, ils sont fluctuants et de plus en plus aléatoires. Contrairement aux entreprises les recettes d'une association ne permettent que rarement l'embauche normale de personnel. Pendant 5 ans nous avons uniquement travaillé avec des bénévoles. Depuis 2000, après hésitations, nous avons expérimenté le système des emplois assistés dont l'état prend une partie en charge : emploi jeune pour Catherine, CEC (Contrat emploi consolidé) pour Marie-France, puis fin 2004 CAE (Contrat d'accompagnement à l'emploi) pour Linda puis Emilie. Ces expériences ont permis de passer à la vitesse supérieure et d'ouvrir et tenir le local de la rue de Limans à Hyères, lieu d'exposition, de gestion, de réunion, de conception et d'entrepôt. Un inconvénient est peut-être la mobilisation moins spontanée de certains des bénévoles.

Les deux derniers contrats de personnel nous ont beaucoup perturbés cet été et jusqu'à maintenant, à cause d'une décision en mai à effet rétroactif. Expliquons-nous. Les CAE étaient des contrats de 6 mois renouvelables trois fois, donc avec possibilité de postes d'une durée de 2 ans.

Etant particulièrement satisfaits du travail des deux jeunes filles embauchées, créatrices d'une bonne ambiance, et en étant aussi conscients que leur passage dans notre association compléterait également leur formation par des expériences nouvelles (gestion, cartographie, infographie, dessin par ordinateur, animation dans les écoles, conduites d'excursions, contacts utiles pour de futures embauches), nous avons donc lancé des programmes basés sur une durée de deux ans, dont la réalisation d'un livret descriptif du sentier littoral de la presqu'île, un autre du bassin versant du Gapeau, ainsi que des enseignements d'éveil à l'environnement dans les écoles.

Au bout de 5 mois, lors de la première demande de renouvellement, en mai, l'ANPE nous a informés brusquement que ces contrats ne sont plus renouvelables et seront désormais réservés à des niveaux de formation inférieurs à celui du bac. Annonce brutale et, plus grave, à effet rétroactif !
Nous étions désemparés à l'idée de tout cet échafaudage de projets en cours qui s'effondrait. Que faire ? L'aide du député, merci à lui, m'a permis d'accéder au responsable de l'ANPE du Var. Celui-ci, après une attente longue et angoissante pour nous, a permis la prolongation des contrats dans les mêmes conditions pour encore 6 mois. Mais bien sûr avec l'engagement de ne plus y revenir. Ceci nous a permis d'éviter le brutal et cruel licenciement de nos deux charmantes et surtout très efficaces collaboratrices, au moment où elles avaient déjà fait leurs preuves.

Ce sursis nous mène à la mi-décembre 2006, et nous avons cherché d'autres solutions en attendant des jours meilleurs pour le système des emplois aidés. L'appel aux fondations des sponsors industriels n'a rien donné jusqu'ici. Pour TOTAL qui subventionne la biodiversité pour le Parc de Port-Cros, notre association n'a pas le volume suffisant. Pour VEOLIA pour l'instant nos projets ne répondent pas à la direction que la société soutient. Mme Patricia Ricard a exposé à la DIREN le 19 octobre, de façon très réaliste, la conception du choix fait par les fondations de sociétés, choix beaucoup plus dépendant du responsable commercial puis de la direction que des responsables techniques. J'attends vos suggestions si vous voyez des possibilités, pas forcément avec des entreprises d'une aussi grande taille.

Il reste la solution que plusieurs membres me suggèrent et à laquelle j'ai évité de faire appel jusqu'ici: l'appel aux dons de membres de l'A.P.G. Pour mener à bien les projets en cours, nos deux collaboratrices doivent rester encore un minimum d'un an, ce qui signifie pour les salaires et les charges au total 30 000 € à trouver. Or les donateurs potentiels payent en général des impôts et peuvent donc réduire leur don effectif des 2/3, soit 66.66% par crédit d'impôt.

Un don effectif de 100 € revient en fait à 33 €,
Un don de 200 € à 67 €,
Un don de 1000 € à 333 €.

Je demande donc à chacun d'entre vous de réfléchir à la question, puis à ceux qui estiment que cette aide exceptionnelle sera bien utilisée par nos deux hirondelles, si efficaces déjà depuis un an, de passer à l'acte par l'envoi d'un chèque à l'A.P.G.
Et si ces dons permettent en les additionnant de maintenir l'emploi de nos deux collaboratrices et de profiter du délai pour chercher d'autres solutions, je pourrai enfin dire à mon tour : " C'est bien ce que vous faites ". Seule la cohésion de nos membres peut combattre cette FRAGILITE des associations en attendant des jours meilleurs que ne vont pas manquer de nous annoncer les futurs candidats aux postes … politiques…

Le Président J.Sougy